Résolution du 10 mai 2014

Réunis à l’Université de Berne le 10 mai 2014, au terme de débats en ateliers et d’un vote démocratique en séance plénière, conscients que la décision du 9 février a jeté la Suisse dans une crise morale et politique, les participants aux Etats Généraux Européens :

 

Déclarent :

  • Les Suissesses et les Suisses sont tous des Européens ! L’histoire, les langues, les cultures, les valeurs de la Confédération et de l’UE leur sont communs.
  • Un siècle après la Première Guerre mondiale, qui a entraîné la Seconde dans son sillage, la construction européenne reste le meilleur moyen de garantir la paix sur notre continent.
  • Le grand marché européen de 500 millions d’habitants, créé par l’UE, offre un potentiel de développement économique, culturel et social, vital pour les Européens. Et les Suisses ne peuvent s’en priver.
  • Aujourd’hui, la Suisse qui a toujours profité de l’environnement européen ne peut espérer rejeter les principes de l’UE, tout en bénéficiant de son marché. Le temps du jeu « dedans pour les avantages » et de celui du « dehors pour les inconvénients » est terminé. L’heure d’un choix décisif pour les générations futures est arrivée.
  • L’adhésion à l’Union européenne demeure l’objectif compte tenu du potentiel de développement de l’Union européenne. Pour la Suisse, l’Union européenne offre une chance de défendre ses intérêts et sa souveraineté.

 

Demandent :

  1. Au Conseil fédéral de tenir un langage de vérité qui ne masque pas les conséquences graves du 9 février et montre enfin l’importance et la valeur de l’UE pour la Suisse. De plus, nous l’encourageons à continuer sa politique de médiation dans les conflits
  2. Aux parlementaires fédéraux de préparer un nouveau vote populaire qui permette à la Suisse de sortir de l’impasse actuelle et dont les chances de succès ne soient pas affaiblies par des complexités, notamment institutionnelles.
  3. Aux gouvernements des cantons de se battre pour rétablir la Libre circulation des personnes.
  4. Aux partis politiques de quitter les jeux tactiques pour affronter sans peur les dérives du nationalisme et souligner sans détour les chances de l’intégration européenne.
  5. Aux responsables de l’économie, de la science, de la culture, de l’environnement et de la société civile de présenter les dégâts provoqués par l’incertitude actuelle et d’apporter leur soutien aux mouvements qui s’engagent pour une Suisse ouverte, sans lesquels la prochaine votation européenne ne sera pas gagnée.
  6. Aux jeunes suisses de s’engager activement pour leurs droits et privilèges acquis et de s’opposer à la marginalisation de leur pays.
  7. Aux citoyennes et aux citoyens d’admettre que la Suisse devra bientôt choisir entre l’isolement et l’adhésion et que, dans ce contexte, l’adhésion redevient une option crédible.

 

Décident :

  • De s’engager à porter dans le débat public général la voix d’une Suisse ouverte, solidaire, européenne et consciente de ses responsabilités face aux citoyennes et citoyens, notamment face aux jeunes générations.
  • De se mobiliser sans plus attendre pour combattre l’isolement de leur pays et d’en
  • Dans ce contexte, les émotions ont également le droit de s’exprimer !
  • D’organiser dans un délai de deux ans au plus tard de nouveaux Etats Généraux Européens.