Dossiers > 31.08.2020 – Communiqué de presse du Nomes Neuchâtel

Détails de l'article:

  • 31st August 2020 - 12:40 GMT

31.08.2020 – Communiqué de presse du Nomes Neuchâtel

Le 27 septembre prochain, le peuple suisse se prononcera sur l’initiative populaire « Pour une immigration modérée » (initiative dite « de limitation »). Avec pour objectif la dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) avec l’Union européenne – et par voie de conséquence, sous l’effet de la « clause guillotine », de l’ensemble des Bilatérales I – cette initiative menace directement la prospérité de notre canton.

Deuxième canton exportateur de Suisse, Neuchâtel a fait de son ouverture l’un des piliers de sa prospérité. La voie bilatérale a largement contribué à l’essor économique de notre canton. L’année dernière, les exportations vers les pays membres de l’UE, notre principal marché, se sont élevées à près de 10 milliards de francs, soit plus d’un tiers du total de la valeur des exportations neuchâteloises (AFD, 2019). L’acceptation de l’initiative ouvrirait une période de grande incertitude sur le cadre juridique de nos relations avec l’UE et ajouterait donc une « crise à la crise », comme le craint la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter.

La main-d’œuvre étrangère est essentielle au bon fonctionnement de nos industries. Dans les secteurs de l’horlogerie et de la santé tout particulièrement, il devient toujours plus difficile de trouver du personnel qualifié. La crise du COVID-19 a mis en évidence l’aide indispensable des soignants venus de France, sans qui rien n’aurait fonctionné. Les métiers du bâtiment, de la restauration ou de l’agriculture intéressent de moins en moins les travailleurs suisses. L’ALCP offre aux entreprises les instruments qui facilitent l’engagement d’une main-d’œuvre étrangère pour répondre à la demande indigène. Cette main-d’œuvre étrangère permet aux entreprises de se développer. Elle stimule l’emploi contribuant ainsi à soutenir notre système d’assurances sociales (AVS-AI).

Les secteurs de la recherche et de la formation, si fondamentaux pour notre prospérité future, ne doivent pas être entravés dans leur fonctionnement. Dans les milieux académiques et scientifiques, le recrutement des meilleurs spécialistes répond à notre ambition de demeurer un acteur majeur en proposant un pôle de recherche attractif.  La résiliation des Bilatérales I exclurait automatiquement la Suisse des programmes-cadres de recherche de l’UE. C’est pourquoi les recteurs des universités romandes et de l’EPFL, jugeant essentielle l’appartenance de la Suisse à « l’espace scientifique européen », recommandent de refuser l’initiative « de limitation ».

Pour les salariés, les conséquences d’un « oui » dans les urnes seraient également délétères. L’abolition de l’ALCP entraînerait également l’abandon des mesures d’accompagnement. En d’autres termes, cela signifierait la fin de la protection des salaires, pour les étrangers comme pour les Suisses. Grâce aux mesures d’accompagnement, la couverture des conventions collectives de travail (CCT) a augmenté et les salaires sont aujourd’hui contrôlés dans quelques 41’000 entreprises suisses, dont 1’200 dans le canton de Neuchâtel (SECO, 2018). Les employeurs qui pratiquent le « dumping salarial » peuvent être lourdement sanctionnés. Unia estime que grâce à la procédure d’annonce simplifiée dans le cadre de l’ALCP, le travail au noir a considérablement diminué, notamment dans l’agriculture.

Enfin, la dénonciation des Bilatérales I fait craindre au Nomes Neuchâtel une entière remise en question de la voie bilatérale. L’accord-cadre, exigé par l’UE, ne serait plus négociable. Il serait pourtant essentiel pour la politique climatique et l’économie numérique, en particulier. Ajoutons qu’en cas de récession dans notre pays, les Suisses n’auraient plus le droit de travailler dans l’Espace Économique Européen (EEE).

Sans commentaires

Votre email ne sera pas publié
Annuler la réponse