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  • 27th January 2021 - 11:12 UTC
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Denis Stokkink et Alexis Willemot – Proposition pour des salaires minimums dans l’UE

1. Comment le « think and do tank » européen POUR LA SOLIDARITÉ (PLS) considère-t-il la proposition de directive relative à des salaires minimaux adéquats dans l’Union européenne (UE) et comment pourrait-elle être améliorée ?

Selon Nicolas Schmit, commissaire européen à l’Emploi et aux droits sociaux, l’objectif d’un salaire minimum au niveau européen est de créer une dynamique positive. Certes, la proposition actuelle est un bon point de départ, cependant, nous resterons vigilantes. Il est crucial en effet que cette initiative évite toute exception de couverture et qu’elle stoppe l’augmentation du nombre de travailleuses et travailleurs pauvres (working poors). C’est pourquoi, si cet instrument souhaite atteindre ce dernier objectif, il devra assurer l’établissement d’un salaire minimum équivalant au moins au seuil de pauvreté nationale, soit 60% du salaire médian.

Pour découvrir une analyse approfondie, n’hésitez pas à consulter notre site Internet sur lequel nous publierons courant du mois de février une étude approfondie sur cette initiative de l’UE.

2. Pourquoi l’UE devrait-elle élaborer une telle directive au lieu de laisser les Etats membres prendre en charge cette question ?

Face aux conséquences actuelles et futures du Covid-19, il est temps de lancer un nouvel élan de solidarité en Europe, de renforcer notre modèle social et de donner du poids au discours sur le « triple A social » européen. Compte tenu de la diversité salariale entre les Etats membres, cette action ne peut être entreprise qu’à l’échelon européen.

Seule l’UE est capable d’établir un cadre général qui assure une réelle couverture ; qui met en place des critères clairs pour la fixation et l’actualisation de salaires minimums et qui assure des salaires minimums supérieurs au seuil de pauvreté dans l’ensemble des Etats membres.

3. Comment accueillez-vous de telles initiatives visant à développer l' »Europe sociale » ?

Le salaire minimum européen peut être à la sphère sociale le symbole que représente l’euro pour la sphère monétaire. Ceci donnerait un nouvel objectif à la construction européenne et à l’élaboration de son socle social, trop souvent délaissé. Si l’UE arrive à mettre en place un cadre commun pour un salaire minimum, ceci renforcerait la convergence sociale entre les Etats membres et concrétiserait l’Europe sociale aux yeux des citoyen∙nes européen∙nes. Instaurer un tel mécanisme démontrerait que la Commission européenne ne compromette pas son ambition pour une Europe sociale sur l’autel de la gestion de crise.

4. Quel rôle voyez-vous pour les partenaires sociaux dans sa mise en œuvre ?

PLS soutient le rôle crucial des partenaires sociaux et de la négociation collective dans la mise en œuvre d’une telle politique. Les partenaires sociaux sont les acteurs les plus adaptés pour fixer un salaire minimum équitable, au-dessus du seuil de pauvreté et prenant en compte les caractéristiques sociale et économique nationales. PLS insiste dès lors sur le fait que toute action en matière de salaire minimum doit respecter, soutenir et encourager les mécanismes de dialogue social dans l’ensemble des Etats membres et au niveau européen, en tant que base privilégiée.

27.01.2021

Denis Stokkink, président du think tank européen POUR LA SOLIDARITÉ (PLS), et Alexis Willemot, chargé d’études à PLS

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