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  • 24th July 2015 - 11:39 GMT
Questions à...

Dick Marty, ancien procureur général du canton du Tessin et ancien député au Conseil des Etats

1) Qu’avez-vous fait le 9 février 2014?
Je venais de retourner d’un voyage inoubliable en Antarctique: les résultats du dimanche, en fin d’après-midi, ont été un dur retour à la réalité, même si je n’ai pas été totalement surpris.

2) Quels problèmes ont-été résolus le 9 février 2014?
Est-ce que la question est sérieuse? On a rien résolu du tout! On a, hélas, choisi la voie de l’impasse et mis la stabilité et la prospérité du pays en jeu. Je n’hésite pas à affirmer que nous avons commis un crime de démocratie: on a posé une question aux votants (j’ai une certaine aversion pour le mot «peuple») qui n’était pas transparente, car elle dissimulait les conséquences qu’auraient entrainé une réponse positive. Le Parlement est responsable de cette situation: il n’aurait jamais dû accepter une initiative formulée de cette façon. La question aurait dû être: 1.Voulez dénoncer les accords bilatéraux avec l’UE ? 2.Si oui, voulez vous accepter l’initiative de l’UDC… ?

3) Est-ce que les Bilatérales sont encore actuelles?
Non, c’est une voie sans issue. C’est devenu un slogan pour éviter d’affronter le vrai problème: est-ce que la Suisse peut, à moyenne et longue échéance, rester en dehors du projet européen et de l’euro? Les accords bilatéraux ne sont qu’une passerelle: à un certain moment il faudra bien se décider entre aller en avant ou retourner au point de départ, avec le risque de tomber dans le vide. Est-ce que vous connaissez l’histoire du «secret bancaire non-négociable»? Et bien, je crains qu’on va vivre le même scénario. Navrant, je le sais.

4) Imaginez que la Suisse vienne d’entrer dans l’UE. Comment vous sentez-vous?
Heureux, car je pense que face aux transformations géopolitiques en cours dans le monde, les valeurs de notre culture ne peuvent être sauvegardées que par un projet d’intégration européenne. Certes, l’UE a de sérieux problèmes (et il y a assez de sots chez nous qui s’en réjouissent). Les résultats fantastiques obtenus depuis la fin de la dernière guerre nous démontrent, cependant, que l’idée européenne est définitivement en marche et qu’elle se renforcera à travers des crises inévitables.

5) A quoi ressemblera l’Europe dans cinquante ans?
En 1965, Nicolae Ceausescu était nommé premier secrétaire du parti du travail roumain. Auriez-vous alors imaginé que 50 ans plus tard l’Europe aurait fait un tel bon en avant? Et bien, dans 50 ans on sera surpris de la même façon!

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