Dossiers > En ces temps de confinement de l’année 2020 de l’ère terrestre…, Nous pouvons nous permettre, ou nous obliger, de rêver… – Eric Paulus

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  • 11th May 2020 - 10:51 UTC
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En ces temps de confinement de l’année 2020 de l’ère terrestre…, Nous pouvons nous permettre, ou nous obliger, de rêver… – Eric Paulus

Ce qui suit n’engage bien sûr que moi.

D’un côté, l’expérience démocratique suisse. Très certainement imparfaite, parfois critiquée et ressentie comme oligarchique par certain·es. Elle pourrait inspirer le fédéralisme nécessairement à venir de l’Union européenne. De l’autre, l’Union européenne, tout aussi imparfaite, ainsi renforcée par la Suisse, pourrait avec les membres actuels de l’Union pratiquant déjà le fédéralisme, vivifier les idées et les cheminements déjà concrets de celui-ci pour une Union fédérale européenne. Une Union qui par ailleurs possèderait enfin sa constitution propre, acceptée par sa population.

Bien entendu, cette nouvelle Union, fédérale et constitutionnelle, si elle ne se contentait que d’institutions de régulations perçues comme lointaines par sa population, et agissant par subsidiarité, par exemple pour légiférer, pour administrer et pour rendre Justice, serait encore très largement insuffisante. L’Union ne peut se passer de l’union des cœurs, ni de celle des consensus, ni de celle de l’effort partagé par les populations qui vivent et qui portent réellement et concrètement ces consensus.

Immanquablement, l’Union européenne actuelle doit devenir inclusive et donc partager ses différents pouvoirs avec les populations qui la constituent, dans la perspective du respect des droits humains et de la Justice sociale, environnementale et économique.

Elle doit faciliter l’invention et la création de nouvelles formes subsidiaires, intermédiaires et démocratiques, moins hiérarchiques, plus transversales et partagées, ou mieux régulées, de l’exercice des pouvoirs, des débats, des prises de décisions et des solidarités, pour mieux répondre avec la population aux enjeux sociaux, environnementaux, socio-économiques et politiques, présents et à venir. Autrement dit, la participation des populations et celles des organisations citoyennes et associatives, trans-géographiques et trans-étatiques, auxquelles elles adhèrent, sous conditions de règles et de reconnaissances démocratiques, doit être promue par cette Union européenne fédérale. Cela va de soi. Des mécanismes existent pour y arriver, ils peuvent être complétés. Ceci est plus que jamais nécessaire et incontournable face à quelques dérives notoires et grandissantes de certains de ses membres.

En effet, quelques pouvoirs exécutifs actuels, membres de l’Union, tendent aujourd’hui à s’auto-référer, illégitimement, à leur propre conception, illibérale, personnelle, autoritaire, voire narcissique, sinon anti-républicaine, de la démocratie, si tant est que la situation de dérive qu’ils génèrent ou que leurs pensées puissent encore être qualifiées de démocratiques. Ils pensent ce qui est bon pour le peuple et ses institutions, surtout jugé bon par eux et pour eux…, avec les systèmes d’allégeances contraintes qu’ils se construisent. Il s’agit là d’un véritable mécanisme de retour aux temps impériaux ou à celui des monarques absolus, astreignant leurs sujets à leurs propres volontés et valeurs. Ils oublient, nient et dénient les compétences critiques, à leur encontre, des personnes, des populations et des associations citoyennes de nature démocratique ; celles qui exigent le respect des valeurs liées aux droits humains universels, individuels et collectifs, garantis entre autres entités par un ordre judiciaire indépendant. Certains ne sont probablement pas loin d’imaginer à ce jour, ou de préparer concrètement, leur réélection perpétuelle… La Suisse et son expérience démocratique, certainement incomplète, souvent critiquée sur certains points, pourrait très certainement contribuer malgré tout, par son alliance comme membre d’une Union européenne fédérale, à faire face à ces dérives en diffusant l’expérience réelle d’outils utiles pour contrer activement ces situations néo-impériales et pour promouvoir et créer démocratiquement de nouveaux outils pour les endiguer ou les faire disparaître.

De fait, l’Union fédérale européenne pourrait alors reprendre un cap plus robuste démocratiquement en intégrant ces outils, étant connus les contre-verses et les cheminements incomplets ou discriminatoires, en certains ou nombreux points, sur la plate-forme continentale européenne, de l’idée de la question démocratique en regard des périodes de l’Antiquité, de la Renaissance, des Lumières, de la Modernité et de la Post-modernité. Pour ne citer que ces périodes-là. Il s’agirait aussi de ne pas faire fi des expériences démocratiques de bien d’autres continents et de bien d’autres formes de culture qui pourraient aussi renforcer l’étayage et la protection des libertés individuelles et de la démocratie que promeut et que veut protéger l’Union européenne.

Le mitan du XXIème siècle n’est pas bien loin. Certains et certaines d’entre nous ne le verront pas. Trop âgé·es déjà pour voir enfin ces prochaines années une Union européenne refondée aussi rapidement que nécessaire et que possible dans une forme fédérale et constitutionnelle.  Malgré leurs efforts et leur engagement sisyphéen depuis des lustres. Une Union européenne, plus idéale et plus concrète avec une Suisse comme membre à part entière par sa propre volonté, qui pourrait contribuer à la sauvegarde et au renforcement individuel et collectif des droits humains, des droits sociaux, des droits environnementaux et des droits économiques. Très probablement d’ailleurs avec les populations d’autres continents, elles-aussi désireuses de démocratie à l’européenne.

La mise en œuvre d’une Union fédérale européenne, avec une Suisse qui en est membre, permettrait de mieux répondre aux défis universels et mondiaux du XXIème siècle, siècle dans lequel nous sommes entré·es avec fracas, s’agissant aussi de s’éloigner au plus tôt de cette atmosphère délétère, afin que chacun et chacune puisse mieux vivre le « Libre ensemble » et « l’Etre solidaire », avec ses semblables du genre humain.

Ici et là.

Ici et là, maintenant et demain.

Alors qui sait…, peut-être pourrons-nous poursuivre avec une sagesse et une sérénité certaines le cheminement d’une Paix européenne des Cent ans… paix qui pourrait devenir, espérons-le, … mondiale.

Eric Paulus, membre du Comité du Nomes Vaud, 11.05.2020

Ancien Doyen de filière et ancien Professeur HES associé du réseau Swissuniversities

Membre de diverses associations européennes et suisses

Alumni de l’Université Libre de Bruxelles, Université d’Europe

« Libre penseur suisse et européen né à Bruxelles, je souscris, par mon engagement au sein du comité de la section vaudoise du NOMES, à l’idée d’une Union européenne fédérale à laquelle la Suisse participerait bien plus encore en en devenant membre. »

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