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  • 10th October 2019 - 10:16 GMT
Questions à...

Francesca Albanello – le volontariat en Europe et en Suisse

1. Qu’est-ce que le Service volontaire européen et qui peut y participer ?

Le Service volontaire européen (SVE) est ouvert à tou-žtes les jeunes âgés de 17 à 30 ans. Aucune connaissance préalable particulière n’est requise. Les jeunes adultes ont la possibilité de voyager à l’étranger pour une période de 2 et 12 mois et de participer à un projet à but non lucratif déjà existant. En s’immergeant dans un nouveau monde culturel, elles et ils acquièrent ainsi de nombreuses nouvelles compétences, peuvent se développer grâce à une expérience précieuse à l’étranger et apprendre une nouvelle langue ou améliorer leurs compétences linguistiques. Les tâches de la mission sont adaptées autant que possible aux intérêts et aux capacités des volontaires. Elles et ils ont également la possibilité de développer leur propre projet pendant leur SVE.

2. Comment la coopération entre la Suisse et l’UE fonctionne-t-elle dans le domaine du volontariat ?

Le SVE fait partie du programme d’éducation Erasmus+. Depuis 2014, la Suisse ne participe plus au programme Erasmus+ et est donc traitée par l’UE comme un Etat tiers. Afin que les Suissesses et les Suisses puissent continuer à bénéficier de cette offre de mobilité, le Conseil fédéral a adopté une solution provisoire – jusqu’à fin 2020 – financée par des fonds suisses. Movetia, la Fondation suisse pour la promotion des échanges et de la mobilité, est responsable de sa mise en œuvre. Cette solution a toutefois certains inconvénients. Par exemple, les volontaires qui effectuent un SVE via le programme suisse n’ont pas accès à certains avantages tels que les cours de langue en ligne gratuits proposés par l’UE. Comme la Suisse n’est plus un « pays du programme » mais un pays partenaire d’Erasmus+, nous n’avons pas non plus accès à la base de données du SVE. Cela signifie que la recherche de partenaires de projet et d’une nouvelle place pour un SVE représente un effort supplémentaire considérable pour les Suissesses et les Suisses.

3. Le SVE expire en 2020 et sera remplacé par le Corps européen de solidarité. Quelles mesures la Suisse doit-elle prendre pour pouvoir continuer à participer au programme à partir de 2021 ?

Au niveau de l’UE, le SVE a été remplacé par le Corps européen de solidarité en 2017. Il ne fait plus partie d’Erasmus+, mais fonctionne de manière indépendante depuis lors. En Suisse, le programme SVE se poursuivra jusqu’en 2020. Personne ne sait ce qu’il adviendra de la suite : en effet, le programme qui a succédé au SVE n’est pas automatiquement prévu, ni dans le cadre d’une association de la Suisse à Erasmus+, ni dans celui d’une solution suisse. Ainsi, la Suisse devrait tout mettre en œuvre, dans les meilleurs délais, pour faciliter l’adhésion de la Suisse au Corps européen de solidarité et, à cet égard, entamer des négociations avec l’UE en vue de parvenir à un accord. Précisément sur ce sujet, la conseillère nationale Martina Munz (PS/SH) a soumis la motion 19.3614 le 14 juin 2019, ensemble avec 19 cosignataires. Le Conseil fédéral a cependant demandé au Parlement de rejeter cette motion.

4. Si la Suisse ne devait pas trouver de solution, que cela signifierait-il pour celles et ceux qui souhaitent participer au Corps européen de solidarité ?

Les Suissesses et les Suisses seraient exclužes du programme de volontariat du Corps européen de solidarité. Même le développement d’un programme alternatif suisse ne garantirait pas la qualité et la diversité du programme européen. En outre, la mise sur pied d’une telle alternative prendrait beaucoup de temps et serait financièrement extrêmement coûteuse. Les organisations d’échanges de jeunes telles que les branches suisses du Service civil international (SCI) et d’International Cultural Youth Exchange (ICYE) se sont efforcées d’étendre régulièrement le programme SVE. Les jeunes Suissesses et Suisses seraient ainsi clairement désavantagéžes. Étant donné qu’une grande partie des coûts d’un volontariat sont couverts par le programme (tels que la nourriture et le logement, l’argent de poche, les frais de voyage, l’assurance, etc.), de jeunes adultes qui, autrement, ne pourraient pas se permettre un tel engagement, peuvent s’engager volontairement sur une période longue. A ma connaissance, il n’existe actuellement aucun programme ou alternative comparable. En outre, le programme SVE soutient également les personnes en situation de handicap, ce qui sera encore développé à l’avenir. Mais si la Suisse ne trouve pas de solution, les chances de ces jeunes d’acquérir une expérience précieuse seront réduites. En outre, il ne sera plus possible pour les volontaires étrangers d’effectuer en Suisse une mission de volontariat financée par le programme suisse. Grâce au SVE, les volontaires apportent non seulement une contribution précieuse à la société, mais ont également la possibilité de développer à l’étranger leurs compétences linguistiques, sociales et culturelles et leurs compétences personnelles.

5. Le Conseil fédéral affirme que les jeunes Suissesses et Suisses sont également soutenužes par la Loi sur l’encouragement de l’enfance et de la jeunesse (LEEJ) et qu’il y aura donc à l’avenir encore suffisamment de possibilités de faire du volontariat à l’étranger. Pourquoi avons-nous encore besoin de participer au Corps européen de solidarité ?

Le SVE offre aux jeunes de 17 à 30 ans la possibilité de s’épanouir à de nombreux niveaux. Ainsi, il soutient également les personnes âgées de 25 à 30 ans et complète ainsi la LEEJ (qui ne cible que les jeunes jusqu’à 25 ans). La LEEJ prend en charge une grande partie des missions courtes, par exemple d’une durée de deux semaines. Toutefois, il n’est pas possible de les comparer à des affectations de longue durée. L’organisation de missions longues est beaucoup plus complexe que le placement de volontaires dans des programmes de courte durée. Il ne faut pas oublier que le programme du Corps européen de solidarité couvre tous les coûts de la mission. En outre, il dispose de plus de fonds que le programme suisse. Cela signifie que si nous sommes liés au Corps européen de solidarité, nous pourrions permettre à un plus grand nombre de Suissesses et Suisses – qui autrement ne pourraient pas se permettre un volontariat de longue durée – d’y participer.

 

10.10.2019

Francesca Albanello, coordinatrice du Service volontaire européen (SVE), SCI Suisse

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