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  • 24th July 2015 - 11:47 GMT
Questions à...

Gilbert Casasus, Professeur d’Etudes européennes à l’Université de Fribourg

1) Qu’avez-vous fait le 9 février 2014?

J’ai voyagé d’un pays européen à un pays non européen, à savoir de la France à la Suisse. J’ai pris connaissance du résultat grâce à Internet et j’étais très surpris, pour ne pas dire découragé et secoué.

2) Quels problèmes ont-été résolus le 9 février 2014?

La question est mal posée. Vous devriez demander: Quels problèmes avons-nous créés le 9 février? Les problèmes que nous avons créés sont 1) que la Suisse a atterri sur le banc des accusés et qu’elle est même responsable de cette situation et 2) que la Suisse a de moins en moins la possibilité de défendre sa propre position. Avec le 9 février, la Suisse s’est clairement tiré une balle dans le pied.

 3) Les Bilatérales sont-elles encore pertinentes ?

C’est la meilleure question. Je me suis toujours montré très sceptique quant à la question des bilatérales. Dès le premier vote déjà, des avis sceptiques se sont élevés dans le camp des partisans de l’UE et je me suis moi-même abstenu lors du vote. Aujourd’hui, je regrette presque un peu de ne pas avoir voté contre. A cette époque, je partageais l’opinion que les Bilatérales comportaient une sorte de logique de cul-de-sac auquel on doit naturellement trouver une sortie. Le 9 février, les Bilatérales sont passées du cul-de-sac à la bouée de sauvetage. Avant le 9 février, on a tenté de trouver des compromis avec l’UE grâce aux Bilatérales. Aujourd’hui, on doit se demander jusqu’où on peut encore mener les Bilatérales. J’espérais avant le 9 février un résultat-choc qui devait montrer à quel point les Bilatérales avaient perdu de leur substance, ce choc s’est bien sûr avéré pire que je l’avais espéré. Après le 9 février, les Bilatérales représentent la dernière chance de se rapprocher de l’UE.

4) Imaginez que la Suisse devienne membre de l’UE sous peu. Comment vous sentez-vous?

Heureux.

5) A quoi ressemblera l’Europe dans 50 ans?

Je ne suis pas devin. Mais qui aurait pensé il y a 50 ans que l’ancienne CEE de six membres deviendrait l’UE de 28 membres ? Aujourd’hui, il est facile de dire du mal de l’UE. En effet, l’UE doit se réformer de fond en comble, elle doit être proche des citoyens et démocratique. Ce ne sera pas le grand défi des 50 prochaines années, mais plutôt celui des 10 prochaines années. J’aimerais ajouter une petite anecdote : le 1er août 2011, j’étais dans un alpage de l’Oberland bernois et j’étais assis à une table avec un membre du PBD. Nous avons un peu bavardé et le bourgeois-démocrate a dit que l’UE serait au rebut dans deux ans. J’ai dit non. Si j’avais dû parier, j’aurais gagné. L’UE continuera d’exister, j’en suis convaincu. En fin de compte, la question est celle-ci: Quelles sont les alternatives? Si, jusqu’au 1er août 2015, vous me trouvez quelqu’un qui a une alternative plausible à l’UE et peut me convaincre, alors je vous offre volontiers une bouteille de vin.

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