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  • 19th November 2020 - 11:47 UTC
Questions à...

Michael Shotter – Nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile

1. Quel est l’objectif du mécanisme de solidarité et des parrainages de retour ? Comment l’Union européenne prévoit-elle de les mettre en œuvre ?

Le nouveau Pacte reconnaît qu’aucun Etat membre ne doit faire face, seul, à des situations de crise ou de pression intense. Tous les Etats membres sont responsables de contribuer et faire croître un soutien mutuel tout en se montrant à même de s’adapter à différentes situations. Ils ont la possibilité de faire preuve de solidarité par le biais de mesures de relocalisation, du parrainage de retours ou de soutien opérationnel. Dans le cadre du parrainage de retours, un Etat membre s’engage à renvoyer les migrant∙es en situation irrégulière et sans droit de séjour au nom d’un autre Etat membre, et ce directement à partir du territoire de ce dernier.

2. Dans quelle mesure le nouveau Pacte sur la migration et l’asile soulage-t-il l’Espagne, la Grèce ou l’Italie, dont les frontières extérieures sont actuellement sous pression ?

Le nouveau Pacte prévoit des mécanismes pour aider les Etats membres en première ligne à faire face aux situations de forte pression. Le mécanisme de solidarité est conçu pour répartir les responsabilités entre tous les Etats membres. Une meilleure surveillance de la situation migratoire à l’intérieur, aux frontières et à l’extérieur de l’Union européenne (UE) permettra de renforcer la préparation et la planification d’urgence en cas de situations extrêmes. La procédure aux frontières sera renforcée, ce qui rendra plus rapide et efficace le retour de celles et ceux qui n’ont pas le droit de rester dans l’UE. La Commission européenne a l’intention d’adopter une nouvelle stratégie sur les retours volontaires et la réinstallation.

3. Comment l’UE peut-elle réussir à établir une politique européenne commune en matière d’asile et de migration alors que des pays tels que la Hongrie et la Pologne s’y opposent ?

La crise des réfugié∙es a révélé la complexité de la gestion de la migration, qui touche différents pays de différentes manières. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a déclaré que les pays les plus exposés doivent pouvoir compter sur la solidarité de toute l’UE et que chacun doit prendre ses responsabilités. Grâce au nouveau Pacte sur la migration et l’asile, les Etats qui ont été réticents à toute relocalisation pourront apporter leur contribution par le biais d’un nouveau mécanisme de solidarité flexible. Celui-ci n’est plus axé seulement sur la relocalisation, mais offre aussi le choix de parrainer des retours ou contribuer à renforcer les capacités opérationnelles. La solidarité est obligatoire et tous les Etats membres y doivent contribuer.  

4. Comment ce nouveau Pacte reflète-t-il les valeurs de l’UE, qui défend les droits humains partout dans le monde ?

Le nouveau Pacte met en place un système conçu pour assurer une gestion stable de la migration, pleinement ancrée dans le respect des valeurs européennes et du droit international. Ce nouveau cadre européen – appelé à durer – apportera de la certitude, de la clarté et des conditions décentes aux personnes qui arrivent dans l’UE, en particulier celles et ceux appartenant à des groupes vulnérables tels que les enfants et les familles. En outre, le nouveau Pacte favorise les voies légales d’accès à l’UE, y compris pour les personnes ayant droit à une protection internationale.

19.11.2020

Michael Shotter, directeur de la direction générale Migration et affaires intérieures de la Commission européenne

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