Communiqué de presse

02.09.2019 – L’enterrement du débat européen est inacceptable

Berne, le 2 septembre 2019 – Lors de sa retraite politique annuelle marquant la rentrée de septembre, le Comité du Nouveau mouvement européen Suisse (Nomes) s’est inquiété de l’enterrement complet du débat européen. A sept semaines des élections fédérales, il est particulièrement choquant de constater que nombre d’actrices et d’acteurs politiques suisses n’ont qu’un objectif en matière de politique européenne: éviter le sujet.

Le Nomes constate que le Conseil fédéral, les partis gouvernementaux et les syndicats s’accordent pour ensabler l’accord institutionnel et, surtout, torpiller le débat européen. Cette incapacité d’assumer une politique européenne claire et d’en débattre est doublement inacceptable. D’une part, alors qu’elles et ils s’apprêtent à renouveler le Parlement, les citoyen∙nes ont le droit de connaître les plans des candidat∙es en matière européenne. Comment une démocratie qui se targue d’être un modèle peut-elle escamoter de la scène publique un thème essentiel pour l’avenir du pays et le quotidien de ses habitant∙es?

D’autre part, alors que l’existence même de la construction européenne est menacée par la montée des partis extrémistes et populistes, la Suisse refuse toujours de choisir son camp. Quelles sont ses priorités: défendre les valeurs européennes et l’Union qui les porte ou s’accommoder du retour des régimes autoritaires et de la compétition entre Etats-nations? De même, si l’accord institutionnel n’est pas acceptable, quels sont les plans B des uns et des autres?

En fait, les principales forces politiques du pays semblent accepter de marcher en silence vers un isolement aussi indigne que dangereux. Elles paraissent préférer subir le leadership nationaliste de l’UDC que de poser publiquement les vraies questions sur le destin de la Suisse et de l’Europe.

Dans ce contexte de résignation extrêmement inquiétant, le Nomes continue d’affirmer que le statu quo n’est pas possible et que l’accord institutionnel constitue par conséquent un pas positif pour sortir du marécage. Mais, comme le précise François Cherix, coprésident du Nomes, à terme seule une Suisse membre de plein droit de l’UE pourra défendre convenablement ses intérêts sur son continent ».

Ainsi, le Nomes fera tout son possible pour porter ces questions tabouisées sur la place publique, en organisant notamment une nouvelle Tournée européenne (plus d’information ici) comprenant sept débats dans toute la Suisse et en publiant un classement des candidat∙es aux élections fédérales qui auront rempli le questionnaire de politique européenne élaboré en collaboration avec Smartvote. Par ailleurs, le Nomes prépare intensivement la future campagne pour la libre circulation des personnes que l’UDC souhaite abolir en votation l’an prochain.