Communiqué de presse

26.05.2021 – Une non-décision inacceptable – la Suisse est européenne!

Berne, le 26 mai 2021 – C’est avec effroi et consternation que le Mouvement européen a pris connaissance de la décision du Conseil fédéral d’abandonner l’accord institutionnel. Cette non-décision, après tant d’années de discussions et de négociations, provoque la fin de la voie bilatérale et marque le renoncement du gouvernement à son principal objectif de politique européenne – inacceptable! Les proeuropéen∙nes n’accepteront pas une marginalisation de la Suisse. Le Mouvement européen étudie dès lors le lancement d’une initiative populaire visant à garantir l’intégration européenne de la Suisse.

Le Mouvement européen Suisse a pris connaissance avec consternation et effroi de la position du Conseil fédéral au sujet de l’accord institutionnel. Le choix de ce dernier d’abandonner l’«accord clé», après de longues tergiversations, marque la fin de la voie bilatérale – il conduira à une lente érosion des accords bilatéraux existants, autrement dit à un isolement progressif de la Suisse. Le gouvernement renonce ainsi à l’objectif 12 de son programme de législature: plutôt que de disposer «d’un cadre réglant ses relations avec l’Union européenne», la Suisse se voit privée de toute perspective en matière de politique européenne. «La décision du Conseil fédéral est une non-décision qui nuit gravement aux intérêts de notre pays», selon Eric Nussbaumer, président du Mouvement européen, qui rappelle aussi que «l’isolement n’est pas tenable pour une Suisse profondément incrustée dans le tissu européen. La Suisse est européenne. Nous sommes Européen∙nes!»

La Suisse ne peut être pensée hors de l’Union européenne, étant au cœur du dispositif, géographiquement mais aussi aux plans économique, social et culturel. Quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle décide, l’Union européenne avance. La question n’est donc pas celle de savoir si la Confédération doit participer ou non au processus d’intégration européenne, mais plutôt quelle place et quel rôle elle souhaite y jouer. L’accord institutionnel aurait permis d’avancer sur ce chemin, d’ouvrir les portes d’un meilleur accès au marché commun, de nouvelles coopérations et d’une participation accrue à l’élaboration des réponses aux grands défis d’aujourd’hui et de demain. Y renoncer est tout bonnement irresponsable!

Par ailleurs, dans le monde interconnecté dans lequel nous vivons, nul n’assure son pouvoir en faisant cavalier seul. Or, le meilleur statut pour exister dans une communauté d’Etats est de siéger là où se prennent les décisions, avec droit de vote. Ainsi, une reprise autonome du droit européen – même si limitée à certains secteurs – est une aberration pour des citoyen∙nes attaché∙es à la souveraineté.

Dès lors, conscient de ses responsabilités, le Mouvement européen étudie le lancement d’une initiative populaire afin de permettre à la Suisse de reprendre le chemin de l’intégration européenne. Nous continuerons aussi à nous mobiliser pour permettre un débat factuel, ouvert et sans tabou sur le rôle et la place de la Suisse en Europe. Si le Conseil fédéral n’est pas en mesure de maintenir les portes de notre avenir européen ouvertes, alors c’est à nous, Européennes et Européens, de le faire.