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  • 22nd June 2022 - 09:27 UTC
Questions à...

René Graf – UNITA, une «université européenne»

1. Qu’est-ce que l’UNITA – Universitas Montium?

C’est un consortium d’universités européennes provenant d’Italie, de France, du Portugal, d’Espagne, de Roumanie ainsi que d’Ukraine et de Suisse. Elles partagent des valeurs communes (impact local et proximité des milieux de montagne, langues romanes) ainsi que des thèmes de développement prioritaires comme les énergies renouvelables, le patrimoine culturel et l’économie circulaire.

2. En quoi se distingue-t-elle des autres programmes de coopération européens?

Le programme «Universités européennes» a le potentiel de transformer en profondeur l’espace européen des Hautes écoles.  D’une certaine manière, il s’agit d’une nouvelle université à laquelle se rallient des institutions existantes afin de développer des activités tant en matière d’enseignement que de recherche. En quelques sorte, il s’agit d’un incubateur à projets entre des universités partenaires. A terme, les alliances d’universités pourront déposer des projets communs et héberger des formations.

3. Que retire la HES-SO d’un tel programme, notamment dans le contexte d’une non-participation aux programmes européens Horizon Europe et Erasmus+?

Pour la HES-SO, il s’agit avant tout de garder un pied dans la coopération européenne. Pour illustrer cela avec une image: on constate que les universités européennes sont dans un TGV alors que nous ne sommes pas encore rentré dans le train régional. La non-participation aux programmes européennes pénalise durement les hautes écoles suisses et garder le lien avec nos collègues européen·nes est essentiel. C’est un enjeu primordial pour éviter d’être exclu de la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur. La Suisse a souscrit à la construction de cet espace dès le début, mais ne se donne aujourd’hui pas les moyens d’y participer activement.

4. Les membres de l’UNITA ont en commun leur situation géographique: ruraux, montagneux et proches de la frontière. Pourquoi la situation géographique joue-t-elle un rôle dans cette coopération?

Il s’agit plus d’un état d’esprit et de valeurs partagées. A l’exception de l’Université de Turin, il s’agit d’institutions de taille moyenne (entre 15’000 et 25’000 étudiant·es) qui ont un impact local fort par leurs liens avec les autorités locales et les milieux socio-économiques. De plus, la question de la frontière force à réfléchir la collaboration sur d’autres bases que la seule mobilité et de trouver des solutions plus innovantes.

5. La HES-SO est membre associée universitaire de l’UNITA. Quelle différence y a-t-il avec une adhésion? La HES-SO aspire-t-elle à une telle adhésion?

La différence est que, même si nous participons à des activités d’UNITA, nous gardons un rôle d’observateur actif et ne bénéficions d’aucun financement européen. Nous sommes reconnaissants à nos partenaires d’UNITA de nous avoir intégrés, mais la HES-SO aspire à prendre toute sa place dans ce consortium et y apporter ses compétences et son savoir-faire. Donc, oui, nous espérons pouvoir y adhérer pleinement dès que les conditions le permettront.

23.06.2022

René Graf, vice-recteur Enseignement de la HES-SO

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