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  • 17th January 2018 - 07:35 GMT
Le Nomes dans les médias

16.01.2018 – Face à l’UDC, une vague d’ouverture

Une forte opposition se lève pour combattre l’initiative dite «de limitation» de l’UDC. Opération Libero lance elle aussi une collecte de 100 000 signatures

«Ils peuvent prendre nos vies, mais jamais notre liberté.» Cette scène culte du film Braveheart, relatant la vie du héros de l’indépendance écossaise William Wallace, a inspiré le mouvement citoyen Opération Libero pour sonner l’heure de la résistance à l’UDC et à son initiative dite «de limitation».

Action symbolique forte

L’action est symbolique. Elle ne réclame rien, mais elle lance un signal fort, note le politologue Nenad Stojanovic: «C’est une action de protestation contre l’abus des droits populaires par l’UDC.» Lorsque le parlement avait approuvé «la préférence indigène light» en décembre 2016 pour mettre en œuvre sa première initiative «Contre l’immigration de masse», le groupe UDC avait crié à la «violation de la Constitution» et avait promis de réagir. «Mais sa priorité est d’exploiter ce thème dans la perspective des élections fédérales de 2019», ajoute Nenad Stojanovic.

Rarement une initiative aura rencontré pareille opposition le jour de son lancement. A l’exception notoire du PLR, les autres partis ont tous réagi: «L’UDC est prête à enterrer l’ensemble des accords bilatéraux et à affaiblir la place économique et scientifique suisse face à la concurrence européenne», déplore le PDC. Le PS insiste quant à lui sur la protection des travailleurs: «Non seulement l’initiative provoquerait la mort des accords bilatéraux, mais elle supprimerait aussi les mesures d’accompagnement qui assurent des salaires décents.» Pour la conseillère nationale verte Adèle Thorens, l’UDC tombe le masque. «Tout comme Donald Trump aux Etats-Unis, elle affirme une vision isolationniste de la Suisse en tenant un discours de rupture assumée avec la voie bilatérale. C’est consternant.»

La «négation d’une valeur humaniste»

Ces forces de l’ouverture, pour une fois très unies face à la confiscation du dossier européen par l’UDC, laissent entrevoir un débat très ouvert. Selon Emilia Pasquier, directrice de Foraus – laboratoire d’idées sur la politique étrangère –, cette initiative de l’UDC pourrait être celle de trop. D’abord parce qu’elle demande à la Suisse de négocier durant un an avec l’UE (une démarche dont on sait qu’elle est vouée à l’échec), mais aussi parce qu’elle tombe au moment où l’immigration européenne – 30 000 personnes en 2017 – est retombée en Suisse au niveau de 2002.

Pour François Cherix, coprésident du Nouveau Mouvement européen suisse (Nomes), cette initiative est à la fois «europhobe et liberticide». «Elle casse l’idée que la libre circulation des personnes est aussi une valeur humaniste qui va au-delà de la question européenne. Cette initiative est régressive, car elle veut en revenir à des citoyens soumis aux frontières et à des étrangers contingentés.»

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